Quai des orfèvres

mardi 20 novembre 2012 par Rédaction


Quai des Orfèvres - Bande annonce

Mardi 27 novembre 2012, 18h00, salle Simone Weil

Fiche technique

Année de réalisation : 1947
Production : Majestic Films
Réalisation : Henri-Georges Clouzot
Scénario, adaptation : Henri-Georges Clouzot et Jean Ferry
Dialogues : Henri-Georges Clouzot
Auteur adapté : Stanislas-André Steeman d’après son roman Légitime défense
Chef opérateur : Armand Thirard.
Son : William-Robert Sivel
Décors : Max Douy.
Musique : Francis Lopez, Albert Lasry.
Montage : Charles Bretoneiche.
Directeur de production : Louis Wipf
Titre original : Joyeux Noêl
Titre anglais : Jenny Lamour

Récompense : Prix international de la Mise en Scène à la Biennale de Venise (1947)

Interprétation

Suzy Delair (Jenny Lamour) / Simone Renant (Dora) / Claudine Dupuis (Manon) / Jeanne Fusier-Gir (la dame du vestiaire) / Gilberte Géniat (la concierge) / Dora Doll (Léa) / Annette Poivre (la standardiste) / Joëlle Bernard (Ginette) / Palmyre Levasseur / Yvonne Ménard / Claire Olivier

Louis Jouvet (Inspecteur Antoine) / Bernard Blier (Maurice Martineau ) / Charles Dullin (Brignon) / Pierre Larquey (le chauffeur de taxi) / Raymond Bussières (Albert) / René Blancard (le chef de la P.J) / Jean Daurand (Picard) / Robert Dalban (Paulo) / Paul Demange (un inspecteur) / Bob Ingarao (un inspecteur) / Charles Blavette (Poitevin) / François Joux (l’officier de police Faillard) / Léo Lapara (Marchetti) / Jean Sinoël (le vieux journaliste) / Henri Arius (Léo) / Jacques Grétillat (Auguste) / Jean Dunot (le chanteur Nitram) / Jean Hébey (l’excentrique) / Paul Temps / Gabriel Gobin (le patron du café) / Fernand-René (Moreuil) / Georges Pally (le régisseur) / Charles Vissières (Fallourd) / Henri Niel (un inspecteur) / André Numès fils (un inspecteur) / Frank Maurice (l’inspecteur Dietrich) / Raphaël Patorni / Joe Davray / René Lacourt / Claude Péran / Jean Sylvère / Gilbert Moreau / Marcel Rouzé / Sacha Tarride / Michel Seldow / Maurice Juniot

Synoptique

La pétulante chanteuse Jenny Lamour se produit dans les music-halls avec son mari, Maurice Martineau, qui l’accompagne au piano et qui est d’une jalousie maladive. Brignon, vieux vicieux, fait poser des filles légères chez Dora, une photographe, amie de Jenny. Brignon invite Jenny, mais Martineau en prend connaissance et menace de de le tuer devant le personnel d’un restaurant à salons particuliers où il est allé les rejoindre. Pourtant Jenny, escomptant faire avancer sa carrière, accepte un nouveau rendez-vous chez Brignon, et s’invente une visite auprès de sa grand mère soit disant malade pour donner le change à Maurice. Mais ce dernier évente le mensonge. Chez Brignon Jenny assomme celui-ci pour échapper à ses avances et le laisse pour mort. Parallèlement, Maurice se confectionne un alibi pour aller supprimer Brignon. Il sera sensé avoir passé la soirée au Music-Hall alors qu’en fait il sortira puis reviendra, après avoir accompli son forfait, par une petite porte arrière pendant la seconde partie du spectacle. Mais quand il arrive chez Brignon, il trouve son cadavre dans le salon devant la cheminée. Comble de malchance sa voiture est volée devant le domicile du mort et il perd un temps précieux pour regagner le music-hall ce qui fragilise fortement l’alibi qu’il s’était ménagé. L’inspecteur Antoine est chargé de l’enquête un soir de Noël. Son investigation le mène dans les milieux du music-hall. Il fait ainsi connaissance de Jenny Lamour et de son mari, ainsi que de la tendre Dora. Ces rencontres lui permettent de philosopher un peu sur les vicissitudes de cette chienne de vie. Il soupçonne Martineau, pour sa jalousie, et ne tarde pas à découvrir que l’alibi ce dernier ne tient pas la route. Il est arrêté mais Antoine découvre peu à peu la vérité : Jenny n’a pas tué Brignon. Dora s’était rendue sur les lieux pour effacer les traces et Martineau l’avait trouvé abattu devant sa cheminée. Tout le monde se retrouve au poste où Martineau tente de se suicider, mais à la denière minute le voleur de la voiture de Martineau est arrêté : c’est un dangereux truand qui projetait un casse et qui est le véritable auteur du meurtre de Brignon. L’inspecteur et son équipe le démasquent et après un interrogatoire serré il passe enfin aux aveux. La nuit de Noël se termine.

Commentaires

Louis Jouvet  : « Ce qui domine surtout chez Clouzot, metteur en scène, c’est la lucidité. Il explique la scène que l’on va tourner avec une clarté extraordinaire. C’est comme s’il la projetait devant vous sur un écran avant même qu’elle soit enregistrée. Il a, en outre, le don de supprimer complètement la technique dans ses explications. Quand il indique une scène, on ne voit plus l’appareil, ni les lumières, ni le microphone : tout a disparu... Il entre au studio avec un découpage précis, où tout est soigneusement noté... Sa maîtrise de metteur en scène est complète ; il est sûr de lui et vise juste... » (L’Ecran français, 5 avril 1949).

Max Douy : « On a tourné pendant huit semaines, on travaillait de midi à huit heures, quarantes-huit heures par semaine ; Clouzot ne laissait rien au hasard. Jouvet avait tout son texte en tête, Suzy n’était plus gamine et avait déjà eu un grand entraînement, Blier était un grand comédien. Clouzot ne vivait que pour son film, il pouvait m’appeler à minuit, une heure du matin. Il tournait très vite, la caméra toujours en mouvement et si un éclairage ou le jeu d’un acteur ne lui convenait pas, on retournait la scène. Mais on tenait toujours le plan de travail.
Stanislas-André Steeman s’est plaint de la présence importune du personnage de Paulo « dont la seule utilité est apparemment de se faire épingler à point nommé pour que le film ait une happy end... parce que tu te défends de faire un "policier". » (idem)

Avis et critiques

« Le mérite du meilleur film policier de ces années-là (l’après guerre) revient sans contestation possible à Henri-Georges Clouzot pour Quai des orfèvres. Sortant du purgatoire du Corbeau, Clouzot revient à ses premières amours en adaptant (librement, cela va sans dire) un roman de Steeman Légitime défense. Une fois de plus, c’est l’étude de moeurs qui intéresse le réalisateur, et non l’intrigue policière. Quai des Orfèvres est un document sur la police... et c’est aussi, aujourd’hui encore, Marcel Oms l’explique très bien « le portrait le plus implacablement lucide de la France d’ après-guerre à travers le portrait sans complaisance d’un flic sceptique, désabusé et banalement quotidien. »
Ce film avec son interprétation au plus haut niveau, un excellent décor et une atmosphere caustique réjouira les passionnés du cinéma français classique et compte tenu de son intrigue donnera également satisfaction aux amateurs de suspense et de mystère. » Michael Wilmington, Chicago Tribune

« Quai des Orfèvres est une oeuvre, non pas à voir, mais à revoir et à méditer. C’est une date dans l’histoire du film policier français. Ce film, par son réalisme rigoureux, efface d’un trait les faux gangsters. Oeuvre de qualités rares, d’une beauté formelle qui atteint à la grandeur autant que l’abject peut être grand. » Pierre Chartier, France-Libre

« Le realisateur Henri-George Clouzot , qui obtint le titre de meilleur réalisateur à Venise pour ce film , est incapable de faire quelque chose de banal ou de standard, et c’est un don que meme un demi-siècle de distance ne peut ternir. » Kenneth Turan, Los Angeles Times

« On peut ne pas aimer l’atmosphère presque noire de ce drame ; on peut ne pas aimer ces personnages dont la dissection révèle avant tout les insuffisances, les défauts, voire les vices. Mais comme ils sont d’une aveuglante vérité, c’est le procès d’une époque ou d’un milieu qu’il faudrait faire et , en définitive, il ressort de l’oeuvre que Clouzot fait justement ce procès. » Jacques Doniol, Valcroze

« Clouzot, inquiété à la Libération, puis de nouveau autorisé à tourner, choisit pour sa rentrée un roman de Stanislas-André Steeman dont il avait précédemment adapté deux autres oeuvres ("Le dernier des six", réalisé par Georges Lacombe, "L’assassin habite au 21", réalisé par lui-même). Il pensait avec raison qu’une intrigue policière rassurerait les producteurs et les détracteurs éventuels. Remarquablement filmé, "Quai des orfèvres" est en fait tout sauf un film policier traditionnel. Derrière l’enquête menée par Louis Jouvet reparaît tout l’univers "noir" si cher à Clouzot et qui était celui du "Corbeau" en 1943. Les rapports troubles entre Jenny (Suzy Delair) et Dora (Simone Renant) qui préfigurent ceux de Vera Clouzot et Simone Signoret dans "Les diaboliques", l’atmosphère du petit music-hall où se produit Jenny, ses lumières, sa pénombre et les désirs inassouvis des spectateurs, les interrogatoires dans les bureaux du Quai des Orfèvres portent la marque de ce grand créateur d’atmosphères. Face à Jouvet s’impose la performance éblouissante de Suzy Delair, que Clouzot avait lancée dans "L’assassin habite au 21". Le personnage de Jenny, avec son arrivisme et sa sensualité provoquante est, d’ailleurs, la clé du film. » Jacques Siclier, Le cinéma français de 1929 à nos jours.


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